Quelles sont les différences entre tous ces standards, quand doit on travailler sur un standard plutôt qu'un autre ?
Nous étudierons les modes de couleurs les plus utilisés dans l'industrie graphique afin que vous sachiez sur quel standard travailler en fonction du support choisi, à savoir, affichage écran, impression...
Le RVB (Rouge Vert Bleu), qui correspond à RGB en anglais (Red
Green Blue) a été créé en 1931 par la Commission
Internationale de l’Eclairage. Il correspond aux 3 primaires monochromatiques.
On peut représenter les valeurs RVB soit selon le modèle
en pourcentage de 0 à 100, soit selon le modèle numéraire
de 0 à 255. Quelque soit le modèle utilisé, le 0
correspond au noir.
Aspect technique :
Le RVB est basé sur le système additionnel en bits pour
attribuer la couleur d’un pixel sur l’écran. Plus la
valeur en bits est élevée, plus le nombre de couleurs possibles
augmente.
La plus basse intensité est de 1 bit (affichage monochromatique)
: si sa valeur est de 0, le pixel est désactivé, l’affichage
est donc noir. Si elle est de 1, le pixel est activé, soit blanc.
Le nombre de couleurs possibles correspond donc à 2 exposant la
profondeur de bits.
2 exposant 8 bits équivaut donc à 256 couleurs. En règle
générale, nous travaillons sous un affichage de 24 ou 32
bits. La différence entre l’affichage 24 et 32 bits ne correspond
pas l’ajout de couleurs supplémentaires mais à l’ajout
du canal alpha qui permet de gérer la représentation de
la transparence.
Le principe du RVB est que le pixel de l’écran est par défaut
éteint (affichage d’un page noire), contrairement au CMJN.
Le mode CMJN :
Intro :
Le CMJN (Cyan Magenta Jaune Noir), ou en anglais CMYK (Cyan Magenta Yellow
Black) est surtout utilisé pour l’impression sur support
papier (photos, imprimantes, impression offset…).
Aspect technique :
Contrairement au RVB, le principe de ce standard est l’illumination
du pixel de l’écran (affichage d’une page blanche).
Les couleurs sont créées par le passage de la lumière
blanche dans différents filtres. On obtient donc :
Jaune + Magenta = Rouge
Jaune + Cyan = Vert
Magenta + Cyan = Bleu
Jaune + Magenta + Cyan = Noir
A l’impression, les couleurs sont donc obtenues par le mélange
d’encres. Bien que les 3 couleurs primaires suffisent pour produire
toutes les couleurs, on rajoute un noir supplémentaire pour parfaire
le résultat et obtenir un noir parfait à l’impression.
Le mode TSL :
Intro :
Le TSl (Teinte Saturation Luminosité), ou HSB en anglais (Hue Saturation
Brightness) s’appuie sur la perception humaine de la couleur. L’image
perçue par l’œil est considérée comme
une distribution énergétique transmise par le rayon lumineux.
Ce rayon est composé de ces 3 signaux que l’on peut distinguer
suivant la :
- sensation de luminosité
- sensation de teinte (la couleur)
- sensation de saturation d’une couleur (vive ou pâle)
Aspect technique :
. La luminosité :
Il s’agit de la clarté ou de l’obscurité relative
de la couleur, mesurée en pourcentage de pour le noir à
pour le blanc
. La teinte :
Il s’agit de la couleur transmise par l’objet Elle est mesurée
sur la roue chromatique standard et est exprimée en degrés,
de 0 à 360. Pour plus de simplicité, on identifie communément
la teinte par le nom de la couleur elle-même.
. La saturation :
Nous considérons ici l’intensité de la couleur. La
saturation, ou chrominance, représente la quantité de gris
présente au niveau de la teinte, de 0 pour le gris à 100
pour une image complètement saturée.
Le mode LAB :
Intro :
Ce mode a été conçu pour régler les problèmes
de calibration. L’objectif consiste à retransmettre une couleur
à l’identique sur tous les supports. Un système de
décodage international a été mis en place afin que
les techniciens cinéastes, éclairagistes…bénéficient
de normes colorimétriques communes.
Aspect technique :
Etant donné que les valeurs Lab restent indépendantes du
système utilisé, la couleur Lab produite est la même
quelque soit le support (imprimante, écran …).
Lab correspond au produit de la Luminance par le Spectre A et par le Spectre
B, soit LxAxB.
La Luminance L va de 0 (pour l’aspect le plus sombre) à 100
(pour le plus clair).
Le Spectre A correspond à un dégradé de Vert à
Rouge et le Spectre B, un autre dégradé de Bleu à
Jaune. A et B s’échelonnent de -120 à + 120.
Astuces :
Pour obtenir à l’impression un résultat aussi proche
que possible de l’affichage écran, on utilise des standards
de conversion pour passer de du mode RVB au CMJN.
Afin d’éviter de modifier les couleurs d’un travail en
passant d’une application à l’autre, il est préférable
de travailler dans le même format colorimétrique. Pour cela,
il faut savoir que certains logiciels supportent la totalité des
modes existants (Photoshop) alors que d’autres ne supportent que certains
modes (uniquement le mode TSL pour Gimp).